ANLOR (Anne-Laure) DAVIN, son nouveau livre, et le Salon International de l’Autisme…

Vous connaissez tous, sans doute, Anne-Laure Davin, née en France, atteinte d’autisme dès le plus jeune âge, et qui a atterri aux États-Unis, il y a 30 ans, à l’âge de 23 ans…

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À l’occasion de la sortie de l’édition française de son livre « ÊTRE RECONNUE » (en vente sur internet à l’adresse : https://www.alafabrique-editions-handicap.com/), et de la troisième édition du Salon International de l’Autisme les 6 et 7 avril 2018 à laquelle elle participe, Anlor nous a fait parvenir un extrait d’un entretien qu’elle a eu avec son éditeur, entretien qui en dit long sur sa personnalité attachante. Et éclairée! Voyez par vous même :

 

<< FA – Anlor Davin, vous êtes peu connue en France. Qui êtes-vous ?

AD – Je suis française et ai grandi en France jusqu’à l’âge de 23 ans, âge auquel je suis partie vivre aux États-Unis. Comme cela fait déjà 30 ans de cela (vous avez bien calculé, j’ai maintenant 53 ans !), ma vie est plus « américaine » que « française » à bien des égards. Je parle toute la journée en anglais, mon fils est né aux États-Unis et il ne parle pas beaucoup le français, et j’ai initialement écrit mon livre en anglais, sous le titre Being Seen. Pour qu’il soit publié en France je l’ai traduit en français sous le titre Être reconnue. Mon site anlordavin.com, dans lequel je parle de mon livre, est à 90 % en anglais. L’autre site, que je partage avec mon compagnon américain, autsit.net, est entièrement écrit en anglais.

FA – Vous avez grandi aux Sables d’Olonne et émigré aux États-Unis. Pourquoi avoir quitté la France ?

AD – Quand je suis partie je n’étais pas bien consciente de ma vraie motivation. Tout ce que je savais c’est que j’étais à cette époque très malheureuse en France et je ne voyais pas comment cela pourrait s’améliorer un jour. Je savais que je ne pourrais pas travailler « régulièrement », par exemple à temps plein dans un bureau. Alors il valait mieux partir pour de bon. Maintenant je comprends que mes angoisses avaient un vrai fondement : en tant qu’autiste, quand il serait devenu de plus en plus clair que je ne pouvais pas avoir le même rythme que mes semblables, j’aurais pu finir dans un genre d’institution. J’avais d’ailleurs déjà un peu mis le doigt dans cet engrenage-là puisque j’avais vécu quelques mois dans un groupe de « personnes mentalement troublées ».

FA – Vous avez tour à tour pratiqué le tennis de compétition, exercé des petits jobs, enseigné le français, connu l’errance, la misère matérielle, physique et morale, vous vous êtes reconstruite grâce à la méditation zen et la reconnaissance de votre handicap. Quelle est aujourd’hui à vos yeux votre expérience la plus marquante ?

AD – Alors là, je n’ai absolument aucune hésitation : ma pratique journalière intensive de la méditation zen a tout changé pour moi, c’est cela qui m’a permis de reconstruire ma vie. Cela fait 18 ans que je pratique, et durant ces 18 ans je suis devenue petit à petit une personne complètement différente, plus ouverte et heureuse, et ma vie s’est améliorée. Cela s’est fait progressivement et subtilement, mais le changement est indéniable.

FA – Vous vivez aujourd’hui en couple avec un homme Asperger et avez trouvé votre équilibre. Qu’auriez-vous fait autrement si vous pouviez réécrire votre vie ?

AD – Rien : s’il y a un proverbe français que j’adore et que je n’arrive pas à traduire en anglais, c’est bien celui qui dit « avec des si on pourrait mettre Paris en bouteille » ! Si j’étais née à une époque où l’autisme aurait été mieux pris en compte, si on m’avait diagnostiquée plus tôt, si je n’avais pas émigré aux États-Unis, si je n’avais pas eu d’enfant, si… La meilleure chose qui me soit arrivée a été de tomber, un peu par hasard, sur le zen. Chacune des expériences de ma vie m’a permis d’en arriver là où je suis, et je suis si reconnaissante d’être là où je suis maintenant.

FA – Quels conseils donneriez-vous aujourd’hui aux adolescentes et jeunes femmes autistes ?

AD – Je n’aime pas trop donner des conseils et les jeunes femmes autistes que je rencontre aujourd’hui me semblent souvent mieux équipées que moi à leur âge. Je préfère leur donner mon écoute à cent pour cent. Ceci n’est sans doute pas une bonne réponse à la question, mais parler n’a jamais été mon fort – même si j’ai pu si souvent trop parler lorsque j’étais plus jeune afin de masquer mes incertitudes profondes. « To thine own self be true » (Avant tout, sois loyal envers toi-même), écrivait Shakespeare…

FA – Vous animerez deux ateliers au salon de l’autisme RIAU 2018 les matins des 6 et 7 avril prochains, et vous accueillerez les visiteurs les après-midis sur le stand des éditions  »A la fabrique » aux côtés de Philippe Jeanmichel et de Jean Michel Devezeaud. Quel seront les thèmes de vos interventions ?

AD – Après m’être présentée, je parlerai sans doute quelques minutes de mon livre avant d’aborder le thème que je présente le plus souvent et qui est celui de l’apport de la méditation dans l’autisme. Cela fait plus d’un an que j’organise chaque mois – dans une université voisine – un groupe de méditation pour personnes autistes et neurotypiques, et une fois par an depuis 5 ans, mon compagnon et moi-même organisons une retraite de 4 jours pour adultes autistes. C’est là la raison d’être de notre site autsit.net. La méditation peut beaucoup aider les personnes autistes : moins de stimuli (la méditation se fait dans en silence, etc.), le côté « recherche sur soi-même » et introspection, le tout bien ancré dans la réalité, etc. Il est possible que je termine (après le temps de questions/réponses) par un temps de silence de quelques minutes.>>

Donc, n’oubliez pas:

Le site de Anlor: anlordavin.com

Le site du Troisième Salon International de l’Autisme: http://salondelautisme4.wixsite.com/salondelautismeparis/atelier-6-avril-123

 

 

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